« Une journée particulière | Page d'accueil | Mère Maola qui a perdu ses chats ... »

06.08.2007

Une journée particulière

24 juillet de l’an de grâce 2007 : une journée particulière.

 

Je suis entrée dans ma septantième année (on est belge ou on ne l’est pas !) soit je viens de fêter mes 69 ans, le bête chiffre par excellence, Dieu sait combien je n’ai pas envie que l’on me souhaite une bonne année érotique ! Mais ce fût malgré tout une belle journée, hélàs une de celle dont on se dit que ce sera peut-être la dernière.

 

Mes deux fils sont venus passer deux jours et dans la soirée, vu le temps qui était redevenu magnifique, nous avons été faire un petit tour à Torgny, le village le plus au sud de la Belgique , avec sûrement des règlements très stricts en  urbanisme : certes, c’est un village très (trop pour nous) touristique, restauré avec intelligence et bon goût, très fleuri, mais malgré ce côté un peu tape à l’œil quand même, il fait doux s’y promener dans ses petites rues escarpées.  Promenade terminée par le resto, qui se limite à deux types de menus, toujours excellents, grande porte ouverte sur la terrasse méditerranéenne, pleine de fleurs, de fruits  et d’oiseaux …

 

Il y a longtemps que nous n’avons plus été rien qu’à quatre, la petite famille de départ, heureuse petite famille mais pendant un temps bien trop court.  Si moi j’ai « pardonné » ou du moins considéré qu’il y avait prescription, mes deux fils sont encore plein de rancœur vis-à-vis des moments difficiles que mon mari nous a fait vivre, mais aujourd’hui, la douceur de la soirée nous inclinait à la sérénité.  Plus tard, quand mon mari s’est endormi devant la tv, comme d’habitude, nous avons parlé, ils m’ont dit l’avoir trouvé très fatigué, sans beaucoup de réactions, fort vieilli et nous avons bien senti que c’était là, ici, maintenant, la fin de quelque chose.  Eux aussi commencent leur deuil en quelque sorte.

 

Mercredi : J’ai déposé l’aîné à l’aéroport de Luxembourg, le cadet est retourné à Bruxelles et me voilà à nouveau seule,  sans pouvoir m’endormir, c’est l’angoisse, la détresse.  Je voudrais une épaule sur laquelle pleurer,  quelqu’un qui me serre contre lui, mais au fond, à part ma chère Claudine, en ai-je jamais eu une ?

 

 

Les commentaires sont fermés.